La France renforce sa position dans la régulation de l’intelligence artificielle avec l’annonce de la création de l’Institut National pour l’Évaluation et la Sécurité de l’Intelligence Artificielle (INESIA). Cet institut, officialisé ce vendredi 31 janvier par la ministre déléguée à l’IA et au numérique, Clara Chappaz, a pour mission de sécuriser le développement et l’usage des modèles d’IA, sans toutefois disposer de pouvoir de régulation.
Un Cadre de Confiance pour l’IA
Avec l’essor rapide de l’intelligence artificielle, le gouvernement français entend encadrer son utilisation et anticiper les risques systémiques liés à cette technologie. L’INESIA vise à évaluer la fiabilité et la sécurité des modèles d’IA, en particulier dans des domaines sensibles tels que la médecine, l’éducation, l’industrie et l’information.
L’institut s’inscrit dans les engagements pris par la France dans le cadre de la Déclaration de Séoul pour une IA sûre et inclusive, signée en mai 2024 par plusieurs pays majeurs du secteur (Union européenne, États-Unis, Canada, Japon, Australie, Royaume-Uni, Singapour…).
Une Organisation Sans Pouvoir de Régulation
Contrairement à un régulateur classique, l’INESIA ne disposera ni d’un budget propre, ni de nouvelles ressources humaines dédiées. Sa mission est avant tout scientifique et préventive, et ses travaux s’appuieront sur quatre structures déjà existantes :
- L’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI)
- L’Institut national de recherche en sciences et technologies du numérique (Inria)
- Le Laboratoire national de métrologie et d’essais (LNE)
- Le Pôle d’expertise de la régulation numérique (PEReN)
L’institut sera piloté par le Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) et la Direction générale des entreprises (DGE) du ministère de l’Économie.
Une Initiative Alignée avec les Standards Internationaux
L’INESIA rejoint un cercle restreint de centres spécialisés en sécurité de l’IA, à l’image des AI Safety Institutes lancés par le Canada, les États-Unis, le Royaume-Uni, la Corée du Sud et Singapour.
Alors que la France s’apprête à accueillir le Sommet mondial pour l’action sur l’intelligence artificielle les 10 et 11 février à Paris, la création de cet institut marque une étape clé pour placer la France parmi les leaders mondiaux de l’IA sécurisée et responsable.
Le gouvernement rappelle que le soutien à l’innovation doit aller de pair avec l’anticipation des risques, une nécessité à l’heure où l’IA devient omniprésente dans nos sociétés.